Calisto-235 vous propose un nouveau rendez-vous : e-clecik, la revue de calisto-235.
Vous y trouverez : des textes d’archives, des articles de fond, et la rubrique calisto vous recommande.
Parution : tous les lundis sur cette page.

Lancement : numéro 1, lundi 19 mai 2008
Pour vous faire patienter, vous trouverez prochainement ici même l’agenda de fin de saison de Calisto-235.

En vous remerciant de votre fidélité, éclectiquement vôtre,

Catherine Lebouleux
Présidente de Calisto-235

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Delacroix

Le musée Delacroix propose les 15 et 16 mai 2008 à 19h précises dans l’atelier Delacroix
Lecture à deux voix
Lettres d’Eugène Delacroix et de George Sand
Avec
Catherine Salviat
,
sociétaire honoraire de la Comédie-Française
et
Vania Vilers
comédien

Tarif : 15 €
Réservation obligatoire au 01 44 41 86 50

Musée Eugène-Delacroix
6 rue de Furstenberg
75006 Paris

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isadora2
Que les adeptes et autres fans d’Isadora Duncan me pardonnent mais j’évoque cet article pour ce ton caustique qui firent les beaux jours de la presse du 19e siècle : on fait de l’esprit, on égratigne, on cherche le mot qui fait mouche. G. de la Fouchardière est un digne fils spirituel des Charles de Boigne et Maurice qui pour ce dernier en tout cas, furent la terreur de bien des artistes…

Le Mercredi 7 avril 1920. La Gazette de Biarritz évoque donc la représentation donnée par Isadora Duncan.Madame Isadora Duncan “la géniale artiste” (je cite le programme) a bien voulu consentir “à la demande générale” (même source) à paraître sur la scène le soir du vendredi saint pour “interpréter” (sic) Chopin, Franck, Berlioz et Wagner.
Mme Isadora Duncan a paru dans tout l’éclat de son opulente maturité…Il sied d’être galant pour une artiste, même quand cette artiste soumet à la vue et par conséquent au jugement des spectateurs un spectacle contestable au point de vue plastique…je me suis bien gardé de remarquer que Mme Isadora Duncan était un peu substantielle pour un vendredi saint et mieux faite en vérité, pour réjouir les mânes d’Armand Sylvestre (1) que pour charmer l’ombre mystique de richard Wagner. Je me suis bien gardé de déplorer que Mme Isadora Duncan restât si longtemps debout, ayant si copieusement tout ce qu’il faut pour s’asseoir de façon confortable.

G. de la Fouchardière
La Gazette de Biarritz - Mercredi 7 avril 1920

 

 

 

 

 


(1) Homme de lettres français (1837-1901)

A propos de danse, la saison prochaine de l’Opéra de Paris donne en création (oct-nov 2008) un ballet de  José Martinez :
Les Enfants du Paradis
d’après le scénario de Jacques Prévert

En savoir plus

L’association Calisto-235 vous prépare une soirée ciné-club fin novembre début décembre (date encore à déterminer) avec une projection du film de Marcel Carné Les Enfants du Paradis dans le cadre de son premier Festival d’Automne en Vallée de Chevreuse.

Pour tout renseignement :
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RIMBAUD (suite)

avril 17, 2008

 

head-rimbaud 

Lettre à Théodore de Banville du 24 mai 1870

Charleville (Ardennes), le 24 mai 187O.
A Monsieur Théodore de Banville.
 
Cher Maître,
Nous sommes aux mois d’amour ; j’ai presque dix-sept ans. L’âge des espérances et des chimères, comme on dit, - et voici que je me suis mis, enfant touché par le doigt de la Muse, - pardon si c’est banal, - à dire mes bonnes croyances, mes espérances, mes sensations, toutes ces choses des poètes - moi j’appelle cela du printemps.

Que si je vous envoie quelques-uns de ces vers, - et cela en passant par Alph. Lemerre, le bon éditeur, - c’est que j’aime tous les poètes, tous les bons Parnassiens, - puisque le poète est un Parnassien, - épris de la beauté idéale ; c’est que j’aime en vous, bien naïvement, un descendant de Ronsard, un frère de nos maîtres de 1830, un vrai romantique, un vrai poète. Voilà pourquoi, - c’est bête, n’est-ce pas, mais enfin ?…

Dans deux ans, dans un an peut-être, n’est-ce pas, je serai à Paris. - Anch’io, messieurs du journal, je serai Parnassien ! - Je ne sais ce que j’ai là… qui veut monter… - Je jure, cher maître, d’adorer toujours les deux déesses, Muse et Liberté.

Ne faites pas trop la moue en lisant ces vers… Vous me rendriez fou de joie et d’espérance, si vous vouliez, cher Maître, faire faire à la pièce Credo in unam une petite place entre les Parnassiens…Je viendrais à la dernière série du Parnasse : cela ferait le Credo des poètes !… - Ambition ! ô Folle !
 
Arthur Rimbaud…..
Rimbaud au directeur des messageries maritimes
Marseilles, 9 novembre 1891

Un lot : une dent seule.
Un lot : deux dents.
Un lot : trois dents.
Un lot : quatre dents.
Un lot : deux dents.

Monsieur le directeur,
Je viens vous demander si je n’ai rien laissé à votre compte. Je désire changer aujourd’hui de ce service-ci, dont je ne connais même pas le nom, mais en tout cas que ce soit le service d’Aphinar. Tous ces services sont là partout, et moi, impotent, malheureux, je ne peux rien trouver, le premier chien dans la rue vous dira cela.
Envoyez-moi donc le prix des services d’Aphinar à Suez. Je suis complètement paralysé : donc je désire me trouver de bonne heure à bord. Dites-moi à quelle heure je dois être transporté à bord…

Arthur Rimbaud après cette dernière lettre dictée depuis son lit d’hopital à Marseilles, décède le lendemain à 10 heures.

Calisto-235 a lu pour vous…

 

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robert_le_diable


Oui, c’est un curieux spectacle que celui que présentent les coulisses de l’Opéra par un soir de représentation. Ses vingt huit plans souvent encombrés de monde présentent l’image d’un grand tohu-bohu, et l’ordre le plus parfait va renaître à la voix des avertisseurs, au coup d’archet despotique du directeur de l’orchestre : plus de cinq cents personnes vont prendre part à l’action sur le théâtre. Ici, le maître du chant, la partition en main, donne le ton aux choristes rangés en espaliers, ou formant des groupes irréguliers que commande la situation. Là, est un chef qui lance ses comparses au pas accéléré ou les retient en place par un piétinement qui les fait mouvoir sans avancer ni reculer. En cet endroit, les hommes et les femmes du corps de ballet, disposés par quadrilles, méditent une entrée vive et brillante. Plus loin, des figurants des deux sexes, populace docile, au signal d’un inspecteur, vont tumultueusement et avec un désordre calculé remplir le vide de la scène et prendre une part active à l’effet général d’un tableau animé, mouvant et passionné. Aux extrémités des coulisses, se retirent quarante machinistes attendant le coup de sifflet du maître pour commencer ou renouveler la manœuvre des décors. Vingt lampistes au fond du théâtre allument ou éteignent des quinquets, par centaine, dont leurs mains huileuses et maladroites brisent si souvent le verre, que deux balayeurs infatigables sont constamment employés à en recueillir soigneusement les morceaux. Par ci, par là, une douzaine d’habilleurs et de tailleurs à la manche, au corsage, hérissé d’épingles et d’aiguilles, armés de fils de toutes les couleurs, épient et réparent à la minute les accidents qui surviennent aux acteurs dans le feu de l’action. N’oublions pas les quinze à seize garçons tapissiers préposés aux ustensiles, dont le service exige tant de vivacité et d’attention. Ceux-là vont et viennent pendant tout le cours de la représentation avec une incroyable activité, de leur magasin d’accessoires au théâtre et dans la coulisse.
La connaissance des besoins de la scène et le soin de vérifier l’état des personnes qui doivent occuper les coulisses appartiennent en propre à deux surveillants que l’on couvre de l’habit noir d’huissier à verges ou de la livrée du roi. A compter du mois prochain, les nommés Rousselot et Justin, qui ont depuis longtemps la pratique des choses et des personnes du théâtre, subiront un costume rouge écarlate, taillé à la française, avec chapeau à corne. Ils ressembleront alors aux cochers de Louis-Philippe, s’ils n’étaient décorés d’une large plaque en or suspendue par une chaîne à gros anneau qui fait descendre leur médaille jusqu’à [sic] sur le nombril. Ce sont d’ailleurs deux employés précieux pour leurs fonctions. Rousselot, le plus ancien, tine le bâton du régisseur et frappe les trois coups qui avertissent le chef d’orchestre de commencer. Il se tient du « côté cour », c’est-à-dire à la gauche du théâtre en regardant la salle. Justin se trouve du « côté jardin » ou à la droite du théâtre qui communique avec la salle. Ce Justin à la mission, lorsqu’il plait au directeur de faire placer quelqu’un du théâtre dans la salle, de l’accompagner au bureau du contrôle et de transmettre aux préposés les intentions de l’entrepreneur.
Parmi les personnes qui sont en station dans les coulisses, remarquons les six pompiers-termes placés près des conduits en charge, toujours près à épancher leur eau salutaire en cas d’évènement. Cela ne sert jamais à rien, mais cela rassure tout le monde pendant le cour de la représentation. Mieux vaut qu’il soit là d’ailleurs, plutôt qu’à jouer aux cartes dans leur corps de garde.
De ce petit aperçu, il résulte donc qu’il y a six cents personnes à peu près dans les coulisses de l’Opéra, sans y comprendre les étrangers au service obligé de la représentation. Les auteurs, les peintres, les compositeurs, les journalistes, les instrumentistes dans des cas extraordinaires que maint grand opéra ou ballet exige souvent, ainsi que des chevaux ou leur conducteur, sont encore une cause d’embarras très grand dans les espaces que l’agencement des décors resserre parfois très étroitement.

Extrait des
Cancans de l’Opéra, le journal d’une habilleuse, 1836-1848
Présenté par Jean-Louis Tamvaco, éditions du CNRS, 2000, 2 vol.

Catherine Lebouleux, présidente de Calisto-235 évoquera ce manuscrit lors de sa prochaine conférence :
vendredi 14 avril, 14h00, au siège de l’association
42 avenue Hoche
78470 Saint Rémy Les Chevreuse
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RYTHM ‘ N ‘ LIGHT

avril 9, 2008

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L’exposition des photographies du concert des Moody Mood Peakers (16 novembre 2007, La Terrasse de Sauvegrain restaurant à Saint Lambert des Bois, 7 8) continue sa carrière à Paris.
Elle sont exposées grâce à l’association Cinéma et Musiques
du 9 avril au 13 mai 2008 à Paris :
Université Paris Diderot - Paris 7
Dalle des Olympiades
Hall de l’immeuble Montréal
105, rue de Tolbiac
75013 Paris - Métro Olympiades
Du lundi au vendredi de 8h00 à 20h00
Entrée Libre

Cinéma et Musiques : 01.57.27.71.71
 

http://wwwcinemusiques.blogspot.com

Les photographies qui sont exposées sur le site de calisto-235 ( http://www.calisto-235.com/MoodyMoodPeakers.htm ) sont en vente : 15 €  la photographie couleur, brillant, format 20×27 sans encadrement.

Les fonds récoltés serviront au financement du projet JEUNE PUBLIC 2008-2009 “A la découverte de l’Opéra” ainsi qu’au Festival EclectiK-235 dont la première édition est organisée en novembre-décembre 2008 par Calisto-235

Pour commander :

 

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42 avenue Hoche 78470 Saint Rémy Les Chevreuse
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IncendieLePeletier2

Hier soir, à onze heures, un incendie s’est déclaré dans le magasin des décors de l’Académie de musique par suite , dit-on, de l’explosion d’un compteur à gaz.
[…]
On sait que l’Opéra, bâti il y a cinquante ans à la suite de la démolition de la salle de la rue Richelieu [ndlr : square Louvois] après l’attentat dont fut victime le duc de Berry, était une construction où le bois tenait la plus grande place. Les peintures, les tentures, fournissaient en outre un aliment au fléau et les seuls efforts des pompiers devaient tendre à préserver les maisons voisines.
Ils y ont réussi. Il ne reste absolument rien à l’heure qu’il est du théâtre, si ce n’est la façade principale de la rue Le Peletier, mais les maisons du passage, pour lesquelles on avait de grandes craintes, sont conservées.
[…]
Au moment où nous écrivons, le danger d’une recrudescence de l’incendie ou de sa propagation n’est plus à redouter ; mais au milieu des ruines se dressent deux pans de murs fort élevés, qui n’étant plus reliés à rien, menacent de s’écrouler.
S’ils tombent, comme cela est à craindre, à l’improviste, du côté des galeries du passage, où sont groupés les travailleurs, il peut se produire d’assez graves accidents.
Nous ne voulons pas nous faire l’écho de dires probablement empreints d’exagération ; mais il paraît certain qu’un caporal de sapeurs-pompiers au moins a été enseveli sous les décombres à la suite d’un écroulement semblable.
Quant à la perte matérielle, elle est inappréciable : décors, costumes, tout a été détruiut avec le bâtiment. Les archives se trouvaient heureusement dans l’aile gauche des bâtiments de la cour Drouot qui n’ont point été atteints. On les a cependant déménagés mais on nous a affirmé que la bibliothèque avait été complètement dévorée par les flammes.
[…]
En présence de ce désastre, nous sera-t-il permis de répéter encore une fois ce que nous disions dernièrement de notre service de secours contre l’incendie ? Nous sommes en retard sur toutes les nations civilisées. Nous avons rappelé comment on agissait en Prusse, en Russie, en Angleterre, aux Etats-Unis. Nous avons dit qu’il suffisait d’un quart d’heure pour que toutes les pompes de Berlin fussent réunies sur un point donné. Chez nous il faut généralement une heure pour que les secours s’organisent. Le sergent de ville, avisé d’un incendie, doit aller d’abord prévenir son chef de poste ; celui-ci délègue un agent près le commissaire de police et un autre vers le plus prochain poste de pompiers ; le chef de ce poste va à son tour s’assurer de la réalité du fait et envoie, s’il le croit nécessaire, prévenir le poste central. Que veut-on obtenir avec une pareille réglementation ?
Nous savons bien que dans la pratique, on passe généralement par-dessus toutes les minuties du règlement et qu’on n’attend pas le commissaire de police qu’il serait trop difficile de rencontrer – son domicile personnel n’étant jamais situé où sont ses bureaux. Mais il n’en est pas moins vrai que la promptitude des secours dépend de l’intelligence et de la vélocité d’un agent, et que le trop de précautions prises pour empêcher qu’on ne dérange pas inutilement les secours a pour principal résultat d’empêcher qu’ils soient prêts quand le danger est pressant.
Nous ne diront plus rien des pompes à vapeur. Les cinq ou six que nous possédons ont pu être expérimentées cette nuit dans une occasion solennelle. Sortiront-elles victorieuses du concours ? Nous ne savons. Elle n’ont pas seulement à combattre le feu, mais bien la routine.
Quoiqu’il arrive, les bons esprits ne pourront que déplorer cette routine qui ne veut pas se servir contre le feu, si prompt dans son action, de ces deux agents seuls aussi prompts que lui : la vapeur et l’électricité.
Article paru dans le Journal des Débats du jeudi 30 octobre 1873.

L’incendie fut le coup de grâce aux réticences de la IIIe république à terminer la construction du Nouvel Opéra commandé par l’Empire.
Le bâtiment conçu par Garnier en 1860, avait servi d’entrepôt pendant le siège de Paris qui fit suite au désastre de Sedan et à la chute de l’Empire.

Catherine Lebouleux évoquera l’incendie d’octobre 1873 lors de sa conférence sur la collection des bustes du palais Garnier (visite des espaces publics),
vendredi 11 avril à 13h00.
RV devant la statue de Lully dans le hall de l’Opéra à 12h45.

Tarifs (entrée Opéra + conférence) : 23 € (non adhérent), 18 € (adhérent), 9 € (adhérent abonné)
 

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2 septembre 1870, l’armée française est défaite à Sedan.
Léon Gambetta, au balcon de l’Hôtel de ville de Paris proclame la République le 4 septembre. Un gouvernement de Défense Nationale organise la IIIe république pendant que la guerre continue et que l’armée prussienne avance.
Le 7 octobre , Gambetta part de Paris assiégé en ballon pour organiser la résistance en province.
Ce même mois d’octobre, un adolescent surdoué de 16 ans écrit, marqué par la guerre :

C’est un trou de verdure où chante une rivière
Accrochant follement aux herbes des haillons
D’argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons.
Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l’herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les galïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.

Les parfums ne font plus frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

Arthur Rimbaud
Le Dormeur du val
Octobre 1870

Oubliés ces vers paisibles, des mois précédents, comme si soudain une implacable faux  avait tranché dans une vie promise à la félicité :

Par les soirs bleus d’été, j’irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouloer l’herbe menue :
Rêveur, j’en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.
Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais l’amour infini me montera dans l’âme,
Et j’irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature, - heureux comme avec une femme.

Arthur Rimbaud,
Sensation
Mars 1870

head-rimbaud
La nature, impassible berceau de l’amour,  de la mort, témoin muet, indifférente aux bruits des hommes comme à leurs élans…nature aveuge, indifférente, qui roule inexorablement son lent fourmillement… Beauté sourde aux maux comme aux plaisirs…La voix de l’adolescent prometteur ne sera plus jamais la même.Pour en savoir plus sur le désastre de Sedan, lire l’article de Jean-Michel Gaillard paru dans le n°211 du magazine L’Histoire sur le site consacré à Napoléon IIIRetrouver
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Pour son troisième rendez-vous dans le cadre du CYCLE OPERA DE PARIS, Calisto-235 vous propose de découvrir la collection des bustes exposés dans les espaces publics du Palais Garnier.

Samedi 5 avril, 14h00
Vendredi 11 avril, 13h00

Outre la collection des bustes qui ornent l’ensemble des espaces publics, la visite exposera les suites de la naissance du Palais Garnier.
Grande histoire et petites anecdotes feront comme d’habitude la toile de fond de cette sortie.

Tarifs (entrée à l’Opéra + conférence) :
Non adhérent : 23 €
Adhérent : 18 €
Adhérent abonné (3 conférences et plus) : 9 €
Parmi ces bustes on trouve celui de la très belle et très spirituelle Sophie Arnould (1740-1802, créatrice d’Iphigénie en Aulide puis Orphée et Eurydice de Gluck), qui brilla tout autant par ses qualités de soprano lyrique que par ses réparties.
A Voltaire qui lui disait un jour : “Ah, mademoiselle, j’ai quatre-vingt-quatre ans et j’ai fait quatre-vingt-quatre sottises…” , elle répliqua : “Belle bagatelle ! Moi qui n’en ai pas quarante, j’en ai fait plus de mille!”

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RV : dans le hall du palais Garnier, devant la statue de Lully
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Il est communément admis que le 19e siècle voit fleurir une première révolution industrielle basée sur l’utilisation de la vapeur, énergie nouvelle qui bouleverse les techniques en Europe dès les années 1780. L’Angleterre est à la pointe des progrès accomplis et la France devra attendre la fin du Second Empire pour combler son retard au mépris d’archaïsmes parfois vivaces dans le paysage industriel français.
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La vapeur permettra au chemin de fer le développement que l’on sait, une loi en 1842 organise le réseau français qui se répartira entre les années 1852 et 1859 en six grandes compagnies : Nord, Ouest, Paris-Orléans, Midi, paris-Lyon-Méditerranée (PLM), Est.

Les percées hausmanniennes, qui reprennent les plans de la Commission des embellissements Paris présidée par le Comte Henri Siméon,  veilleront à ce que chaque gare soit reliées au centre.Le Second Empire voit donc l’achèvement de cette première révolution industrielle qui donne le relais à la deuxième révolution industrielle qui se base sur les développements de l’énergie électrique. (1)

La vie quotidienne sera profondément  changée - voire affectée - par toutes ces mutations.
Il est savoureux de lire comment les grands noms de la vie intellectuelle de la fin du siècle voient ces changement et comment ils en parlent.

Je vous livre Proust. Proust et le téléphone. Extrait des Ecrits sur l’art. “Journées de lecture” :

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[...] Il y a ” tant de malades”, en ce moment, que les livres trouvent des lecteurs, même des lectrices. Sans doute, quand on ne peut sortir et faire des visites, on aimeriat meiux en recevoir que de lire. Mais “par ces temps d’épidémies”, même les visites que l’on reçoit ne sont pas sans danger. [...] On ne lit qu’à le dernière extrémité. On téléphone d’abord beaucoup.. Et, comme nous sommes des enfants qui jouons avec les forces sacrées sans frissonner devant leur mystère, nous trouvons seulement du téléphone que “c’est commode”, ou plutôt, comme nous sommes des enfants gâtés, nous trouvons que “ce n’est  pas commode”, nous remplissons Le Figaro de nos plaintes, ne trouvant pas encore assez rapide en ses changements l’admirable féerie où quelques minutes parfois se passent en effet avant qu’apparaisse près de nous, invisible mais présente, l’amie à qui nous avions le désir de parler, et qui, tout en restant à sa table, dans la ville lointaine qu’elle habite, sous un ciel différent du nôtre, par un temps qui n’est pas celui qu’il fait ici, au milieu de circonstances et de préoccupations que nous ignorons et qu’elle va nous dire, se trouve tout à coup transportée à cent lieues (elle, et toute l’ambiance où elle est plongée), contre notre oreille, au moment où notre caprice l’a ordonné. Et nous sommes comme ce personnage de conte de fées à qui un magicien, sur le souhait qu’il en exprime, fait apparaître dans une clarté magique sa fiancée en train de feuilleter un livre, de verser des larmes ou de cueillir des fleurs, tout près de lui, et pourtant à l’endroit où elle se trouve alors, très loin.
Nous n’avons, pour que ce miracle se renouvelle pour nous, qu’à approcher nos lèvres de la planchette magique et à appeler - quelquefois un peu longtemps, je le veux bien - les Vierges vigilantes dont nous entendons chaque jour les voix sans jamais connaître leur visage et qui sont nos Anges gardiens dans ces ténèbres vertigineuses dont elles surveillent jalousement les portes, les Toutes-Puissantes par qui les visages des absents surgissent près de nous, sans qu’il nous soit permis de les apercevoir ; nous n’avons qu’à appeler ces Danaïdes de l’Invisible qui sans cesse vident, remplissent, et se transmettent les urnes obscures des sons, les jalouses Furies qui, tandis que nous murmurons une confidence à une amie, nous crient ironiquement : “J’écoute ! ” au moment où nous espérons que personne ne nous entendait, les servantes irritées du Mystère, les Divinités implacables, les Demoiselles du téléphone ! Et aussitôt que leur appel a retenti dans la nuit pleine d’apparitions, sur laquelle nos oreilles s’ouvrent seules, un bruit léger - un bruit abstrait, - celui de la distance supprimée, et la voix de notre amie s’adresse à nous.
Marcel ProustExtrait choisi par
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(1) Sources : YON (Jean-Claude) - Le Second Empire. Politique, société, culture. - Paris : Armand Colin, 2004. - 255 pages