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calisto-235, Histoire Art Création contemporaine

AGENDA DU MOIS DE FEVRIER

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Après la deuxième rencontre proposée par Catherine Lebouleux autour de Surimpression les voies du silence et la lecture des Peintures Magiques de Victor Segalen le samedi 30 janvier (La Roulotte, 21h00, entrée libre), ce mois de février voit quelques happy few prendre le chemin de l’Opéra de Paris, Bastille et Garnier, grâce aux abonnements contractés par calisto-235.

Lundi 1er février, 19h30, sortie Opéra

Werther, Massenet, Opéra Bastille

>>> EN SAVOIR PLUS

Lire l’article du Monde du 15 janvier dernier

Mardi 9 février, 19h30, sortie Opéra

La Dame aux Camélias, ballet de John Neumeir, Palais Garnier

>>> EN SAVOIR PLUS

Enfin pour clôturer ce mois d’hiver avec calisto-235, Catherine Lebouleux vous propose en lecture et en musiques :

Dimanche 14 février, 18h00, La Roulotte

Poèmes et lettres d’amour, petite anthologie d’ici et d’ailleurs pour marquer la  Saint Valentin ♥.

Des textes connus ou inconnus, des musiques de tous horizons, de l’émotion, de la tendresse ou de l’amour fou…

ENTREE LIBRE, La Roulotte, 42 avenue Hoche, 78470 Saint Rémy lès Chevreuse

Vous voulez en savoir plus sur nos sorties…réservations et renseignements : 0972.97.47.04 / calisto-235@orange.fr

LE 6E ARRONDISSEMENT DE PARIS : VISITE AVEC CALISTO235 LE 23 JANVIER 2010

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Dans son « Histoire des 20 arrondissements de Paris » parue en 1860 avec des illustrations de Gustave Doré, Emile de Labédollière présente l’arrondissement comme celui du Luxembourg.

L’arrondissement est divisé en quatre parties distinctes :

 - La Monnaie

- L’Odéon

- Notre Dame des Champs (Luxembourg et Saint Sulpice)

- Saint Germain des Prés

Notre itinéraire nous emmènera dans ce quartier mythique de Saint germain des Prés qui outre les vestiges de l’ancienne abbaye est marqué par son prestigieux passé littéraire et artistique.

Quelque mots de l’Abbaye et de l’histoire du quartier en général : « L’ordonnance de Louis XIV, de janvier 1702, qui divisait le nouveau Paris en vingt quartiers indiquait que le vingtième serait celui de Saint-Germain-des-Prés auquel serait rattaché le faubourg Saint-Germain. Ce vingtième quartier devait son existence à l’abbaye de Saint-Germaint-des-Prés dont l’épanouissement avait commencé au XIIIe siècle ; c’est elle qui donna naissance ai bourg Saint-Germain-des-Prés dont l’importance ne cessa de croître du XIIIe au XVIIe siècle puis, au XVIII siècle au noble faubourg. L’abbaye a pour origine la demande que fit à Childebert Ier, fils de Clovis, saint Germain, évêque de Paris. Il souhaitait qu’y fussent abritées les reliques de la tunique de saint Vincent que le roi avait prise à Saragosse. La place actuelle date de 1866 et occupe l’ancien parvis de l’église et la grande cour qui le précédait. C’est vers son emplacement que Camulogène rassembla, en 52 av. JC, les défenseurs de Lutèce devant les légions romaines de Labienus établies de l’autre côté de la Seine. C’est aussi sur cet emplacement que furent exécutées une grande partie des victimes des massacres de septembre 1792.

Café de Flore

(http://www.cafedeflore.fr/)

On pourra y déguster un sublime chocolat chaud tout en évoquant le rôle du café dans la vie du quartier, la naissance du Surréalisme, la présence de Simone de Beauvoir et de Jean-Paul Sartre, la nouvelle vague et Juliette Gréco, etc.

Place de Furstemberg et atelier Delacroix

(http://www.musee-delacroix.fr)

Elle remplace l’ancienne cour d’honneur du palais abbatial situé à l’extrémité de la rue Furstemberg créée en 1699. Les n° 6 (atelier de Delacroix) et 8 sont d’anciens communs du palais. Delacroix y emménage en 1857 année où il entre à l’Institut.

L’Institut

(http://www.academie-francaise.fr/)

On y évoquera une petite histoire des académies.

Petite chronologie récapitulative

1635, Création de l’Académie française.

1642, Mort de Richelieu.

1648, Traité de Westphalie qui met fin à la guerre de Trente ans / Annexion officielle par la France des Trois-Évêchés (Metz, Toul et Verdun) qui étaient sous tutelle française depuis 1552, et de la Haute-Alsace, de Brisach (Allemagne) et de Pignerol, ville du Piémont.

1659, Traité des Pyrénées qui formalise une paix conclue entre le royaume d’Espagne et celui de France à l’issue d’une partie de la guerre de Trente Ans (1618-1648) : la guerre franco-espagnole commencée en 1635, et qui s’est continuée pendant la Fronde. Il fut signé le 7 novembre 1659 sur l’île des Faisans, au milieu du fleuve côtier Bidassoa qui marque la frontière entre les deux royaumes dans les Pyrénées-Atlantiques.

1661, Mort de Mazarin, règne personnel de Louis IV/il lègue un important capital pour l’édification d’un collège. Voué à l’éducation de soixante jeunes gens de la noblesse nés dans les quatre provinces – Artois, Alsace, Pignerol et Catalans du Roussillon et de Cerdagne – nouvellement conquises et rattachées à la France par les traités de Westphalie (1648) et des Pyrénées (1659), cet établissement devait porter le nom de Collège des Quatre-Nations. Par sûreté, le cardinal Mazarin institue une commission chargée d’exécuter toutes ces clauses, Colbert y figure. Il choisit Louis Le Vau (1612-1670) pour architecte et décide du terrain où ériger le nouveau collège, « proche de la porte de Nesle, vis-à-vis du Louvre, auquel lieu on pourrait faire une place publique qui servirait d’ornement à l’aspect du Louvre ». La vieille tour de Nesle, qui s’élevait à l’angle des remparts de Philippe-Auguste, est alors démolie. Les remparts sont rasés et leurs fossés comblés. De ce terrain fangeux et irrégulier, Le Vau tire un parti magistral.

1662, Fondation (sur les conseils de Mazarin) de l’Académie royale de danse et présentation du projet du collège des quatre nations, immédiatement approuvé.

1663, Fondation de la Petite Académie qui deviendra en 1716 l’Académie des Inscriptions et belles lettres 1666 Création de l’Académie des Sciences et de l’Académie de France à Rome.

1671, Création de l’Académie d’architecture (à la mort de Le Vau).

1672, Création de l’Académie Royale de musique (Lully).

Dès le règne de Louis XVI, émerge une critique du système de l’Académie, de son carcan, de son poids sur la production artistique.

Nuit du 4 août 1789 Abolition des privilèges / proclamation de la liberté artistique.

Juin 1791 Loi Le Chapelier qui abolit les corporations et proclame la liberté d’entreprendre. En particulier liberté d’exposer au Salon (voir plus loin le récapitulatif chronologique de l’histoire des Salons) et suppression des jurys d’admission. Les dérives obligeront au retour à un encadrement strict.

1793, le peintre David obtient la suppression des académies de peinture, sculpture, architecture.

1795, Organisation de l’Institut de France qui regroupe les cinq académies (peinture, sculpture, architecture, sciences, inscriptions et belles lettres).

1796, Création de l’Ecole des Beaux Arts.

1797, Rétablissement du prix de Rome Libérés de la tutelle royale, les artistes post-révolutionnaires tombent alors sous l’influence des marchands parisiens. Le pouvoir et l’autorité de ces marchands ne cessèrent alors pas de s’affirmer jusqu’à se substituer totalement au jugement académique. Au contraire de son développement au sein du système académique qui prône l’œuvre unique, la carrière de l’artiste « moderne » son renom, sa cote, dépendent d’une production soutenue.

L’Ecole Nationale des Beaux Arts

(ENSBA / http://www.ensba.fr)

Nous y évoquerons la formation artistique et les Salons.

Le premier Salon eut lieu en 1667 sous l’égide de l’Académie royale au slaon carré du Louvre (d’où son appellation) : les académiciens n’avaient pas le droit de tenir boutique pour exposer leurs œuvres. On leur fit donc obligation de les déposer au Louvre. Jusqu’en 1763, plus de 200 toiles par an sont exposées puis le nombre augmente juqu’à 2000 tableaux en 1863. L’expérience est tout d’abord intermittente puis annuelle.

1855, Courbet crée son « Pavillon du réalisme ».

1863, Premier salon des « refusés ».

1874, Les impressionnistes exposent chez Nadar (jusqu’en 1886).

1884, Seurat et Signac fondent le Salon des Indépendants (sans jury ni récompense).

1889, Meissonier, Rodin et Puvis de Chavannes créent le Salon nationale des Beaux Arts.

1903, Premier Salon d’Automne au Petit Palais qui accueille Fauves et Cubistes.

On évoquera aussi le cas de l’admission des femmes à l’Ecole des Beaux Arts.

On finira la promenade quai Malaquais en bas de l’ancien domicile de George Sand.

Bibliographie :

Jacques Hillairet, Connaissance du Vieux Paris, Lutèce à présent nommée Paris, capitale de la France, Le Club français du Livre, 1956

Chantal Grell, Histoire intellectuelle et culturelle de la France du Grand Siècle (1654-1715), Nathan Université, 2000

Jean-Claude Delorme, Anne-Marie Dubois, Ateliers d’artistes à Paris, Parigramme, 1998

Eugène Delacroix, Journal, 1822-1863, Plon, 1996

Marina Sauer, L’entrée des femmes à l’Ecole des Beaux Arts, 1880-1923, ensba-a, 1990

Les rendez-vous artistiques et littéraires de Catherine Lebouleux

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Pendant la durée de son exposition

SURimpression

11 janvier – 12 février 2010

Centre de Port Royal – Saint Lambert des Bois (78)

01.30.12.17.12 / www.centre-port-royal.com

 

 

 

Catherine Lebouleux présente son dernier ouvrage :

Surimpression, les voies du silence

Vendredi 15 janvier, 21h00

Samedi 30 janvier, 21h00

Dimanche 14 février, 18h00

La Roulotte, 42 avenue Hoche, 78470 Saint Rémy lès Chevreuse

0972.97.47.04 / calisto-235@orange.fr

ENTREE LIBRE

CE SOIR à La Roulotte

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Catherine Lebouleux présente son dernier ouvrage « Surimpression, les voies du silence » et lit « Peintures magiques » de Victor Segalen.

21h00, La Roulotte, 42 avenue Hoche, Saint Rémy lès Chevreuse (78)

Entrée libre

AGENDA JANVIER 2010

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Tout d’abord, l’équipe de calisto-235 vous souhaite une très bonne année.

Calisto-235 vous reçoit à partir de ce mois de janvier dans une Roulotte réaménagée. Ambiance intimiste avec le meilleur confort possible pour les conférences, lectures, rencontres qui s’y tiendront.

  Un espace scénique sur mesure…

Photophores et vase by Caroline Jennet (http://www.les-ateliers-de-lessentiel.com/)

 Côté jardin…

 Côté cour…

Et pour ce mois de janvier les rendez-vous de calisto-235 :

Vendredi 15 janvier, 21h00, calisto-235 reçoit Catherine Lebouleux

Pendant la durée de l’exposition SURIMPRESSION au Centre de Port Royal, Saint Lambert des Bois,

Catherine présente son dernier ouvrage, livre catalogue de l’exposition, et propose autour de cette présentation trois séances de lecture :

Le vendredi 15 et le samedi 30 janvier, 21h00,  extraits des Peintures magiques de Victor Segalen

Le dimanche 14 février à 18h00, poèmes et lettres d’amour, petite anthologie d’ici et d’ailleurs

La Roulotte, 42 avenue Hoche, 78470 Saint Rémy lès Chevreuse

Entrée libre (renseignements et réservations : 0972.97.47.04)

 

Samedi 16 janvier, 14h30, Musée de la Marine, Paris

(Pour les jeunes inscrits au projet Jules Verne)

Le RV et les modalités de la sortie seront fixés directement avec les parents par mail

Samedi 23 janvier, 14h30, Saint Germain des Prés, ateliers d’artistes et autres curiosités

Une petite modification de programme indépendante de notre volonté : au lieu d’une conférence sur les femmes artistes aux Deux Magots, nous vous proposons un café improvisé au Flore (nous avons testé : le chocolat chaud y est sublime!) et une promenade dans le 6e arrondissement autour des ateliers d’artistes (ce qui nous permettra de ne pas trop nous éloigner du thème initial puisque nous terminerons notre promenade par l’atelier des Beaux Arts où nous évoquerons l’entrée des femmes dans cette institution).

RV : 14h15 devant l’entrée de l’église Saint Germain des Prés

Tarif : 15 € (non adhérent), 10 € (adhérent) non compris la consommation au Flore

 

Samedi 30 janvier, 21h00, calisto-235 reçoit Catherine Lebouleux

Deuxième séance de lecture autour de SURIMPRESSION…extrait des Peintures magiques de Victor segalen

La Roulotte, 42 avenue Hoche, 78470 Saint Rémy lès Chevreuse

Entrée libre (renseignements et réservations : 0972.97.47.04)

CE MOIS-CI…calisto-235 vous propose

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Lundi 14 décembre 2009, 19h30, Palais Garnier

(Pour les jeunes inscrits au projet “Une saison à l’Opéra”)

CASSE NOISETTE

Chorégraphie de Rudolph Noureev avec Dorothée Gilbert (Clara), Mathieu Ganio (Drosselmeyer), Adrien Bodet (le casse-noisette).

Dans les merveilleux et féériques décors et costumes de Nicholas Georgiadis.

En savoir plus

Mercredi 16 décembre 2009, 17h30, La Roulotte

(Pour les jeunes du projet “Jules Verne”)

Projection du film

« VOYAGE AU CENTRE DE LA TERRE »  d’après le roman de Jules Verne

RV: 17h30, La Roulotte, 42 avenue Hoche 78470 Saint Rémy lès Chevreuse

Entrée Libre

Vendredi 18 décembre 2009, 20h30, La Roulotte

DINER ASSOCIATIF pour clore ce trimestre en toute convivialité

RV : La Roulotte, 20h30, 42 avenue Hoche, 78470 Saint Rémy lès Chevreuse

Entrée Libre, chacun amène quelque chose (sucré, salé, boisson au choix), inscription indispensable (pour le nombre de chaises à prévoir !!!)

AGENDA NOVEMBRE DECEMBRE 2009

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Vendredi 6 novembre, 19h-20h : Apéro Lyrique et Drolatique
RV : La Roulotte, 42 avenue Hoche 78470 Saint Rémy lès Chevreuse
Participation : 10 € (non adhérents) – 7 € (adhérents)
 
Samedi 14 novembre, 14h30-16h : Conférence suivie d’un tea-time
Goya peintre de la guerre d’Espagne
RV : La Roulotte, 42 avenue Hoche 78470 Saint Rémy lès Chevreuse
Tarifs : 15 € (non adhérents) – 10 € (adhérents)
 
FESTIVAL d’Or et d’Espagne

http://festivaleclectik235.wordpress.com/


 
Dimanche 22 novembre, 18h00
Caf’art Théâtre, 8 rue de Versailles, Saint Rémy Lès Chevreuse
J’AI LE BONHEUR DE VOUS AIMER
correspondance croisée George Sand Pauline Viardot
lecture en musiques (Boccherini, Manuel Garcia, Pauline Viardot, Rossini, Berlioz, Haendel) 
Tarifs : 15 € – 12 €
Réservations : informations@pulsartproductions.fr / 01.30.47.33.68 / www.pulsartproductions.fr 

Du lundi 23 au dimanche 29 novembre
Cabaret du Lys, 3 rue Lalande, Chevreuse
SURIMPRESSION
Exposition de photographies Catherine Lebouleux 
Entrée libre, tous les jours 10h-18h
Voir la video 

Mardi 24 novembre, 20h30
Cabaret du Lys, 3 rue Lalande, Chevreuse
UNE SOIREE ANDALOUSE
Autour d’un repas buffet aux couleurs ibériques, textes, musiques, saveurs, parfums
Avec la participation de la bibliothèque Jean Racine de Chevreuse 
Participation : 15 €
Réservations : calisto-235@orange.fr / 0972.97.47.04 

Vendredi 27 novembre 20h30
CENTRAL Cinéma Gif sur Yvette, square de la mairie, Gif sur Yvette
CARMEN
Francesco Rossi, 1994
 
Plein tarif : 7,50 € Étudiants, scolaires : 4,00 € 

Dimanche 29 novembre, 18h00
Cabaret du Lys, Chevreuse
J’AI LE BONHEUR DE VOUS AIMER
correspondance croisée George Sand Pauline Viardot
lecture en musiques (Boccherini, Manuel Garcia, Pauline Viardot, Rossini, Berlioz, Haendel) 
Tarifs : 15 € – 12 €
Réservations : calisto-235@orange.fr/ 0972.97.47.04 

Mercredi 2 décembre à partir de 14h
La Roulotte, 42 avenue Hoche Saint Rémy lès Chevreuse
JOURNEE DU CONTE
Contes d’Espagne, Nicole et Catherine accueillent les enfants à partir de 7 ans de 14h à 17h 
 Tarifs : 5 € (non adhérents) – 2 € (adhérents)


 Jeudi 3 décembre, 20h30
CENTRAL Cinéma Gif sur Yvette, square de la mairie, Gif sur Yvette
Dans le cadre des « Leçons de cinéma » d’Alain Garel
EL COCHECITO
Marco Ferreri, 1960
 
Tarif-conférence : 7,50 € + 2 €

Après cette deuxième édition du Festival, trois rendez-vous sont donnés aux adhérents de calisto-235

Lundi 14 décembre 2009, 19h30, Palais Garnier

Casse-Noisette, chorégraphie de Rudolph Noureev

Pour les jeunes inscrits au projet « Une saison à l’Opéra »

Mercredi 16 décembre 2009, 17h30, La Roulotte

Projection du film

« Voyage au centre de la terre » d’après le roman de Jules Verne

Pour les jeunes du projet « Jules Verne »

Vendredi 18 décembre 2009, 20h30, La Roulotte

Dîner associatif pour clore ce trimestre en toute convivialité

LE LOUVRE DE LA PREMIERE PIERRE A LA PERSPECTIVE MITTERRAND

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La cour Napoléon, comme l’ensemble du Grand Louvre offre un aspect tellement familier qu’il nous apparaît particulièrement homogène. Pourtant, pris dans ses détails, il se révèle particulièrement disparate et trahit la longue maturation de ce monument qui, de 1190 à 1993 n’a cessé de connaître de multiples remaniements.
Elle est délimitée par un ensemble de bâtiments, pour la plupart érigés au XIXe siècle, dont les deux ailes abritent l’arc de triomphe du Carrousel élevé à la gloire de la Grande Armée en 1808 (œuvre des architectes Charles Percier et Pierre Fontaine), auquel fait face, ou pratiquement, une copie du Marcus Curtius du Bernin (1598-1680), primitivement conçue par le sculpteur italien pour être une statue équestre de Louis XIV.
Commandée par Colbert pour Louis XIV et commencée en 1662, la statue du Bernin est livrée par les héritiers du sculpteur en 1685, cinq ans après la mort de Bernin. Elle ne plait pas au roi qui ne se reconnaît pas dans ce cavalier baroque et triomphant représentant un Louis XIV, qui, tel un nouvel Hercule, gravit la « montagne de vertu ». A 47 ans, il est atteint de goutte et d’autres infirmités et de plus, ses goûts en matière artistique ont changé. Le commanditaire, et le créateur étant morts (Colbert meurt en  1683, note 1), personne ne défend l’œuvre qui est transformée en 1687 par François Girardon qui change les traits du monarque et le métamorphose en héros romain. La statue prend la direction de la pièce d’eau des Suisses où elle a toujours sa place. Le style baroque, en cette fin de siècle, n’est plus d’actualité à Versailles et Louis XIV passe alors commande, dès 1685, d’une série de statues équestres qui renouent avec l’image traditionnelle du cheval marchant au pas et non plus en position de levade. Cet exploit équestre symbolisait l’habileté du monarque à gouverner, telle que Le Titien pour Charles Quint et Velasquez pour Philippe IV l’ont illustrée et qui devint un canon admis par la propagande officielle dans l’Europe monarchique des XVIIe et XVIIIe siècles. La métamorphose opérée sur le portrait du roi et l’emplacement reculé dont il a hérité expliquent que les révolutionnaires aient épargné cette œuvre du Bernin.
Enfin la pyramide œuvre résolument moderne, fait référence au patrimoine égyptien conservé au Louvre. Les proportions de la pyramide dessinée par l’architecte Pei et construite entre 1983 et 1989, sont identiques à celles de la pyramide de Gizeh.

Avant l’édification de la pyramide pour le projet du Grand Louvre, la cour Napoléon présentait l’aspect un peu délabré d’un parking réservé aux fonctionnaires du ministère des finances, logé dans l’aile Richelieu.
Pourquoi, le projet de Pei a-t-il suscité tant de polémiques ? Tant sur le plan du fond, on ne touche pas au Louvre (c’est un monument historique et en tant que tel, il ne doit pas être modifié), que sur le plan de la forme, (la pyramide est un projet ayant soulevé toute une polémique esthétique).
Ceci nous amène à nous poser la question fondamental suivante : qu’est-ce qu’un monument historique ? Y répondre permettra de dégager une réflexion sereine sur les enjeux esthétiques et historiques d’une telle réalisation. Cette question servira de point de départ à notre discours, articulé en trois points : le Louvre, un monument historique, une résidence royale, un musée.


LE LOUVRE, MONUMENT HISTORIQUE

Qu’est-ce qu’un monument historique ?

Le petit Robert nous livre en la définition suivante : édifice remarquable par son intérêt archéologique, historique ou esthétique.
On ne saurait se contenter de cette définition puisque celle-ci induit inévitablement la notion de choix de critères spécifiques grâce auxquels on peut reconnaître à tel ou tel monument un quelconque de ces intérêts. Ces critères ont en effet mené au classement des monuments dans une liste non exhaustive qui peut être revue dans un sens ou dans l’autre à n’importe quel moment.

Le classement des monuments découle de l’intérêt que porte un premier XIXe siècle à un patrimoine malmené par la Révolution française.

Quelques rappels :
Arcisse de Caumont fonde en 1834 la Société française d’archéologie. Guizot, qui a fondé en 1833, la Société d’histoire de France, crée en 1834 un poste d’inspecteur général des Monuments historiques qui a pour charge la sauvegarde et la mise en valeur de « l’admirable enchaînement de nos antiquités nationales ». Prosper Mérimée occupe ce poste dès sa création en 1834. Et si Mérimée a largement contribué à la constitution de notre patrimoine littéraire avec Carmen et Colomba, il reste au moins autant l’artisan de nos actuelles préoccupations patrimoniales (note 2) .
Un peu plus tard, Louis-Philippe fonde à Versailles le Musée de l’histoire de France, inauguré avec pompe le samedi 10 juin 1837. Cette fondation révèle que l’histoire n’est pas seulement l’affaire des historiens mais aussi un enjeu politique, permettant de reconstruire la nation autour d’étapes clés de son passé en y insérant l’épisode révolutionnaire, que le XIXe siècle va s’efforcer de « digérer », comme une étape parmi d’autres et non comme une solution de continuité irréversible et traumatisante.

Connaître la genèse de la sauvegarde du patrimoine n’explique en rien la démarche culturelle et historique qui mène au choix de tel monument plutôt que de tel autre. Ce choix des œuvres et des monuments pour la constitution d’un patrimoine culturel et historique trouve sa source dans l’émergence de l’histoire de l’art.
Ce que nous évoquons comme une évidence – l’histoire de l’art – n’est pas un concept qui va de soi. L’histoire de l’art – à l’instar de l’histoire et de l’archéologie – est une discipline qui fait une entrée tardive à l’université. L’université que nous connaissons maintenant a connu une lente évolution depuis le Moyen-Âge qui organisait l’enseignement entre trivium (grammaire, rhétorique, dialectique) et quadrivium (arithmétique, géométrie, astronomie, musique). Rappelons aussi qu’avant la Renaissance, on ne reconnaît pas d’artistes mais uniquement des artisans.
On considère Vasari (1511-1574), lui-même peintre et architecte, comme le premier historien d’art avec l’élaboration des Vitae des peintres de l’école Florentine. Vasari, cependant, admet encore l’interruption entre la fin de l’empire romain et la fin du XIIIe siècle. La véritable histoire de l’art n’admettra plus ce vide dès lors qu’un Séroux d’Agincourt (1730-1814), rétablit la chaîne des âges et se trouve être le premier à reconsidérer les siècles dits obscurs. Néanmoins, l’importance de Vasari tient à sa reconnaissance de ce qu’Edouard Pommier  appelle le « caractère des temps » (note 3 ).
En effet, il y a deux façons de se référer au passé : soit on cherche des modèles, et en cela on répond à un discours normatif selon des critères de perfection, soit on cherche à baliser l’évolution. Ce discours, dit historique, prend en compte l’ensemble de la création artistique dans la mesure où l’en n’en considère pas son hypothétique valeur exemplaire mais sa valeur relative qui relève de la comparaison des œuvres entre elles et de l’explication des circonstances liées au « caractère des temps ».
De la prise en compte du caractère des temps naît la notion de monument historique, indépendamment de toute considération d’exemplarité.
De ce point de vue, et au-delà de tout discours esthétisant, le Louvre et à fortiori la pyramide conçue par Pei est un monument historique à qui l’on doit reconnaître une totale légitimité dans le discours architectural que décline le Grand Louvre. Celle-ci s’inscrit dans la perspective qui depuis le pavillon de l’horloge traverse l’ouest de Paris jusqu’à la Grande Arche de la Défense dans un ensemble qui du XIIe au XXe siècle fait de la capitale française un bel exemple de continuité culturelle.


LE LOUVRE RESIDENCE ROYALE

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Lorsqu’en 1190, Philippe Auguste part pour la 3e croisade (celle qui associe de 1188 à 1192 le roi de France, Richard Cœur de Lion, roi d’Angleterre et Frédéric Barberousse, l’empereur germanique et qui se termine par l’emprisonnement de Richard pendant que son frère Jean sans Terre usurpe le trône anglais), il fait entourer Paris d’une muraille sur la rive droite tout d’abord et fait construire (1200) une grosse tour, le donjon du Louvre, bâtie au centre d’un carré de murailles renforcé de tours. La principale mission de la forteresse est la surveillance de l’aval de la Seine, voie traditionnelle des razzias et des invasions depuis les Vikings, d’autant plus que depuis le traité de Saint-Clerc sur Epte en 911, qui avait donné aux Normands un territoire aux portes de Paris, les Anglais sont par le biais d’une féodalité complexe et agitée, un voisin dont la monarchie française doit se méfier. Cette forteresse, outre qu’elle sert de prison et d’arsenal, abrite le trésor royal et symbolise le pouvoir. Elle renforce le dispositif défensif élaboré depuis le pont de Charles le Chauve en 861 qui veut préserver la prospérité des greniers parisiens en amont du fleuve. Rappelons que les assauts des Vikings à la fin du IXe siècle ne vinrent pas à bout du pont (qui ne s’effondrera qu’un 1296 sous l’assaut répété des crues). C’est grâce aux travaux de restauration de la Cour Carrée que l’on connaît les fondations du Louvre de Philippe Auguste.Il n’est pas question alors de faire du Louvre une résidence, c’est un verrou supplémentaire pour défendre Paris.
Charles V, le premier, transforme la forteresse défensive construite par Philippe Auguste, en résidence royale. Les travaux sont réalisés par Raymond du Temple.
En 1527, François Ier s’y installe, fait abattre le donjon dès 1528. En 1546, il demande à Pierre LESCOT (qui a réalisé le jubé de Saint Germain l’Auxerrois) de bâtir de nouveaux bâtiments dans le nouveau style de la Renaissance et le nouvel édifice naît au fond de notre actuelle cour Napoléon. On peut considérer les travaux entrepris par François Ier comme l’acte de naissance du palais actuel. Jean Goujon, complice de Lescot, est chargé de la décoration de la façade et de l’aménagement de la grande salle du rez-de-chaussée (salle des Cariatides).

Henri II et Charles IX continuent l’œuvre de François Ier. Henri II, en particulier, désireux d’éblouir Charles Quint, entame une réhabilitation du palais et confirme le choix de Pierre Lescot comme maître d’oeuvre. Quant à Charles IX, il commence les travaux du rez-de-chaussée de la Petite Galerie, point de départ de liaison entre le Louvre et les Tuileries (construites selon les vœux de Catherine de Médicis mal à l’aise au Louvre et conçues par Philibert Delorme, rival de Lescot, puis par Jean Bullant de 1564 à 1572).
Henri IV va porter un élan décisif à la construction du Louvre : le « Grand dessein » prévoit de relier les deux palais, Louvre et Tuileries, par une longue galerie en bord de Seine. La Galerie du bord de l’eau, élevée par Louis Métezeau et Androuet du Cerceau voit le jour entre 1595 et 1610. Le monarque y promena ses chiens et on raconte qu’il fit organiser une chasse au renard qu’il offrit en spectacle au dauphin, le futur Louis XIII.
Les rois de France jusqu’à Louis XIII vont tous séjourner plus ou moins durablement au Louvre (Louis XIV est le premier monarque à « s’enfermer » à Versailles) et y porter leur contribution. Le palais est en perpétuels travaux et reconstructions, chaque monarque y apporte sa marque, et toute la symbolique qui se déploie sur les murs extérieurs décline un registre qui donne au pouvoir royal sa symbolique propre. En effet, au pouvoir religieux les symboles issus des livres saints, Bible et Nouveau Testament, au pouvoir civil les symboles issus de la mythologie, redécouverts à la Renaissance :

L’humanisme n’a pas inventé le discours allégorique. Il ne fait que remplacer un langage (religieux) par un autre (mythologique et antiquisant). Ce faisant, il dote l’aristocratie et le pouvoir de l’outil de ségrégation culturel qui lui manquait. Les clercs avaient le leur. L’humanisme procède à la laïcisation du discours allégorique . (note 4 )

En 1624, Louis XIII confie à Jacques Lemercier la construction de l’aile droite et du pavillon de l’Horloge (les cariatides sont sculptées par Jacques Sarazin puis Gilles Guérin).
Lorsque Colbert veut faire du Louvre la demeure digne du monarque absolu qu’est le roi de France, Louis XIV se voit fasciné dans un premier temps par un projet baroque né des mains du plus grand architecte italien du moment. Il repousse néanmoins les trois projets du Bernin pour donner à Claude Perrault l’occasion de faire de l’entrée du palais le manifeste architectural de l’art français. Les travaux qui ferment la Cour Carrée débutent en 1667. Louis XIV choisit néanmoins Versailles pour y installer la cour.
Il faut attendre la Révolution et les journées d’octobre 1789 pour voir revenir la famille royale à Paris. Celle-ci s’installe aux Tuileries certainement plus confortables que le vieux Louvre et qui verront les Bourbons de la Restauration s’y installer (Louis XVIII est le dernier de nos rois à y mourir en 1824) ainsi que Louis-Philippe pendant la monarchie de Juillet. Napoléon III est le dernier souverain français à avoir séjourner dans le palais.


LE LOUVRE, DE LA BIBLIOTHEQUE ROYALE AU GRAND LOUVRE : HISTOIRE D’UN MUSEE

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Le musée, à l’instar de l’histoire de l’art est un concept qui va de soi à l’heure actuelle. Or c’est le résultat d’une lente maturation qui prend sa source dans l’Italie de la Renaissance qui en crée le concept moderne et connu de tous. L’organisation des collections italiennes servira d’exemple à l’Europe entière dont les grandes familles princières, sont les mécènes, avec l’Eglise, des grandes œuvres et des grands artistes.
Les XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles voient donc se former les grandes collections princières : celle des papes à Rome, des Médicis à Florence, des Habsbourg à Vienne et Madrid, des Wittelsbach à Munich, des Hohenzollern à Berlin, des Bourbons Parme à Naples, des Romanoff à Saint Petersbourg, des Valois puis des Bourbons à Paris. On prend donc l’habitude d’exposer sculptures et peintures dans les galeries des résidences et les collections de petits objets d’art et de curiosités dans des studiolos, des cabinets ou des Kunst und wunder Kamer. Peu à peu va émerger la nécessité de classer ces objets par école ou par chronologie et, tout au long du XVIIIe puis du XIXe siècle, cela fera l’objet d’une lente transformation.
Les premiers musées à voir le jour et qui ne sont plus des collections particulières, sont : l’Ashmolean museum d’Oxford (1677), le musée de Naples (1738), le British museum (1753), la Galerie du Belvédère à Vienne (1778), la Galerie des Offices à Florence (1789).
Le musée, tel qu’il se conçoit désormais, est la concrétisation d’une vision de l’art à une époque donnée, répondant en cela au fameux « caractère des temps » de Vasari. Le musée rend visible l’histoire de l’art. Il doit néanmoins faire le lien entre la discipline et l’Institution et c’est en cela que sa vocation pédagogique prend toute sa valeur.

Pour ce qui concerne la France, et le Louvre plus particulièrement, la maturation est plus lente. Une exposition des collections royales se tient au palais du Luxembourg de 1750 à 1785 avec succès. Le marquis de Marigny, directeur des Bâtiments et son successeur le comte d’Angivillier élaborent le projet de faire du Louvre un musée permanent. Cette idée prend certainement sa source dans cette vocation de pérennisation d’un patrimoine avant même que le XIXe siècle en définisse le concept.
Déjà, Philippe Auguste y avait enfermé le trésor royal, Charles V, en même temps qu’il avait fait du Louvre une résidence royale, y avait introduit des œuvres d’art et installé sa bibliothèque.
Le Louvre, à plus d’un titre sera toujours le lieu d’expression et de protection de l’art. Par les lettres patentes de décembre 1608, Henri IV organise les ateliers du Louvre, ateliers de tapisserie installés dans la partie occidentale de la Grande Galerie. Des artistes et artisans sont ensuite sollicités par Colbert pour redonner à la France la primauté des arts face à l’Italie et aux Pays-Bas. Il est vrai que l’on assiste dès la fin du XVIIe siècle à un basculement d’une part du mécénat papal, jusque là prépondérant, vers un mécénat royal qui utilise l’art à des fins de propagande et d’autre part à une montée en influence de Paris qui devient capitale des arts et usurpe la place qu’avait jusque là tenu Rome. A cette fin, les ateliers du Louvre reçoivent de nouvelles lettres patentes le 5 mars 1671.
Louis XIV ayant choisi Versailles comme résidence (il n’aimait ni Paris, ni les parisiens, ayant en mémoire les souvenirs vivaces de deux Frondes qui avaient mis exsangues les finances de l’état et amoindri l’autorité royale face aux prérogatives de la noblesse que Louis XIV « enferme » à Versailles et enchaîne dans une étiquette complexe qui la maintient sous sa contrôle), le Louvre ne subsiste que grâce à ses ateliers, l’imprimerie royale et l’Académie royale de sculpture et de peinture pendant que les plans et reliefs sont entreposés dans la grande galerie durant la période 1697-1776.
En 1776, Hubert Robert, chargé des collections royales, fait des propositions d’aménagement de la Grande galerie pour présenter les collections au public.
Le projet se transforme en loi le 6 mai 1791 et le 10 août 1793 a lieu l’inauguration du nouveau musée, créé d’abord pour les artistes de l’époque qui seront les seuls, jusqu’en 1855, à pouvoir y entrer en semaine, le public n’étant admis que le dimanche. Le « Museum central des Arts » consacre donc en cette année 1793, sous la direction de Jacques Louis David, la vocation du monument.
L’idée c’est de rassembler à Paris les œuvres d’art confisquées à la noblesse et au clergé et de les exposer aux yeux du peuple pour son édification. En effet, le musée, s’il a une vocation de conservation des œuvres et du patrimoine (notion qui n’émerge réellement qu’au XIXe siècle), a une vocation pédagogique qui lui donne sa particularité et son intérêt.
Sous l’Empire, le Musée Napoléon est dirigé par Vivant Denon qui prendra le poste de directeur général. Vivant Denon a participé à l’expédition d’Egypte et publie en 1802 un récit scientifique du voyage. Sa nomination à la tête du Museum rebaptisé, voit une systématisation de l’Institution et une professionnalisation du concept. En effet jusqu’en 1802, le Museum avait été dirigé par une commission composée en grande partie d’artistes. C’était une institution gérée par des artistes pour des artistes. Même si cette notion ne disparaît pas complètement avec la nomination de Denon à la tête du musée Napoléon, se concrétise l’idée que les artistes, trop influencés par leur propre création et souvent médiocres historiens, ne peuvent être des directeurs efficaces. Effectivement, Denon est un homme dont les connaissances et les capacités d’organisation ont fait leur preuve lors de l’expédition d’Egypte.
La gestion de Denon devait répondre à deux exigences : la conservation des œuvres, la représentation de l’Etat. La protection des œuvres fut la principale préoccupation du directeur dont la gestion fut couronnée de succès : travaux d’architecture d’envergure, extension des collections (grâce aux conquêtes napoléoniennes, comme la défaite de la Prusse en 1806 qui fait enrichir considérablement les collections du musée, au voyage que fait Denon en Italie en 1811 et qui se révèle d’une importance capitale pour l’histoire du musée), classification et traitement scientifique pour une politique muséale qui tend à rendre visible une histoire de l’art désormais discipline à part entière. Denon poursuit un but historique et scientifique (publication de catalogues, placement des œuvres dans une logique historique alors que le Museum avait privilégié l’accrochage par écoles), mettant de côté tout critère esthétique.
L’essor du musée Napoléon est concomitant avec la publication de l’ouvrage de Séroux d’Agincourt, Histoire de l’art par les monuments depuis sa décadence au IVe siècle jusqu’à son renouvellement au XVIe siècle, qui paraîtra entre 1810 et 1823. C’est dire que le développement du discours muséal est parallèle à l’émergence de la discipline de l’histoire de l’art et que les deux se nourrissent mutuellement.
Le musée du Louvre, avec la chute de l’Empire voit le démantèlement de ses collections. On entre alors dans une période qui sera de plus en plus marquée par le sentiment national. Le concept d’un sentiment communautaire européen, développé par le musée Napoléon, disparaît, après cet éparpillement des œuvres, derrière une nouvelle conception muséale nationaliste.

Catherine Lebouleux
note 1 - Seul élément baroque du Louvre actuel, la statue équestre du Bernin, cour Napoléon, se place tout naturellement dans la lignée d’une tradition, ancrée dans la civilisation monarchique des XVIIe et XVIIIe siècles. En effet, depuis qu’avait été installée en 1538 la statue équestre de Marc Aurèle au Capitole, dont Michel-Ange avait dessiné le piédestal, il était d’usage dans l’Europe monarchique, d’associer ce symbole fort du pouvoir au centre d’un décor conçu spécialement pour le recevoir. Place royale et statue équestre vont de pair sous l’ancien régime.
note 2 – Pour ceux qui s’intéresse aux questions patrimoniales, il faut consuter l’ouvrage collectif dirigé par Pierre NORA qui réunit les meilleurs spécialistes de ces questions, et parmi eux, Maurice Agulhon, Pascal Ory, Jacques et Mona Ozouf, Michel Vovelle, etc. Les Lieux de mémoire / sous la dir. de Pierre Nora. – Paris : Gallimard, 1984. – 3 tomes.
note 3 – Inspecteur général honoraire des musées de France.
note 4 – Extrait d’un article de Gérard Sabatier, « Versailles, un imaginaire politique ».
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COURBET ET L’ART DEMOCRATIQUE

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  • « A la fleur de votre âge, Delacroix et vous, vous n’aviez pas comme moi l’empire pour vous dire : hors nous point de salut. Vous n’aviez pas de mandats d’amener contre votre personne, vos mères ne faisaient pas comme la mienne des souterrains dans la maison pour vous soustraire aux gens d’armes.
    Delacroix n’a jamais vu chez lui des soldats violant son domicile, effaçant ses tableaux avec un baquet d’essence, par ordre d’un ministre. On ne mettait pas ses œuvres à la porte de l’Exposition arbitrairement, on ne faisait pas avec ses tableaux des chapelles ridicules en dehors des salons de l’Exposition, les discours officiels de chaque année ne le désignaient pas à l’animadversion publique, il n’avait pas, comme moi, cette meute de chiens bâtards hurlant à ses trousses au service de leurs maîtres bâtards eux-mêmes. Les luttes étaient artistiques, c’étaient des questions de principes, vous n’étiez pas menacés de proscription.
    Les cochons ont voulu manger l’art démocratique au berceau ; malgré tout, l’art démocratique grandissant les mangera.
    Malgré l’oppression qui pèse sur notre génération, malgré mes amis exilés, traqués, même avec des chiens dans les forêts du Morvan, nous restons encore quatre ou cinq…Nous sommes assez forts malgré les renégats, malgré la France d’aujourd’hui et ses troupeaux en démence, nous sauverons l’art, l’esprit et l’honnêteté dans notre pays. »

    Gustave Courbet,
    Lettre (extrait) à Victor Hugo, 28 novembre 1864

    Le temps a donné raison à Gustave Courbet. Son art a triomphé.

    L’art démocratique…Où en est-il à l’heure où, au plus haut niveau de l’Etat, des mesures sont prises pour offrir la gratuité de l’accès à l’art aux jeunes ?
    Cette mesure vise à « enraciner des habitudes » chez les jeunes.
    Enraciner des habitudes… Diversifier les publics…

    Tous les audits, les enquêtes, les statistiques ont montré que les mesures de gratuité n’avaient souvent pour conséquence que de faire venir plus massivement un public déjà acquis.
    La gratuité ne suffit pas à attirer un public non encore convaincu. Il faut autre chose : ateliers, pratique, approche pédagogique, etc.
    En un mot : l’éducation.
    Apprendre à connaître, apprendre à comprendre. Apprendre à se faire une opinion sur en allant voir et pas aller voir parce que le gourou médiatique a décrété qu’il faut avoir vu ceci ou cela.

    L’avenir de l’art démocratique est à ce prix.

    Catherine Lebouleux
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  • VOUS AVEZ DIT LA CRISE ?

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  • On peut méditer sur ce court passage du journal de Louis et Edmond de Goncourt. On peut attester de l’avancée des progrès scientifiques, techniques et technologiques. Les pays du nord mangent mieux, se chauffent mieux, et notre réglementation tous les jours plus sécuritaire voudrait faire de nous des centenaires qui meurent en bonne santé. Mais la crise a le même visage, hier et aujourd’hui, ici et ailleurs (surtout ailleurs) : pas un progrès en largement plus d’un siècle. Pour le reste du monde…les plaies sont à vif. Les écarts se creusent. Aggravation notoire, l’humanisme régressent, la pensée, le savoir, confinés dans la bienséance sont réservés à des élites, la spiritualité, l’échange, le lien social, brisés par les cloisonnements multiples et le repli sur soi.

    Alors quand ?…

    Catherine Lebouleux
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    (1) Le siège de Sébastopol, épisode principal de la guerre de Crimée (1854), avait été plus que meurtrier. Il dura du 9 octobre 1854 au 8 septembre 1855. La chute de Sébastopol conduit à la défaite russe devant l’armée des alliés.