Un mois de mars ébouriffant ! A suivre dans LA LETTRE !

Ce mois de mars sera résolument théâtral, musical et cinématographique. Suivez-nous, suivez nos partenaires, découvrez dès ce mois–ci la rubrique Festival 2015 qui vous présentera les artistes invités de notre 8e édition et leur actualité (cliquer sur l’image).

LettreInfoMars2015formatBANDEAU

Publicités

VERSAILLES : PERSPECTIVES ET ANAMORPHOSES

En arrivant à Versailles, en admirant dans le parc parterres et sculptures, l’oeil se voit nourri d’une profusion de richesses naturelles et artistiques. Pour une fois, nous avons cherché une autre entrée que celle de l’art statuaire, de la mythologie et des symboles. Nous avons fouillé en considérant Versailles dans un contexte culturel élargi.

LE 17E SIECLE ET LES SCIENCES

Du point de vue scientifique l’astronomie qui sort de la révolution copernicienne, (1543, parution du principal traité de Copernic) suivie des travaux de Kepler, qui effectua un travail considérable sur l’observation des planètes du système solaire, est la cause des profonds changements du 17e siècle.

CREATION DE L’ACADEMIE ROYALE DES SCIENCES (1666)

« […] après que la Paix des Pyrénées (1659) eût été conclue, le roi jugea que pon royaume, fortifié par les conquêtes qui venaient de lui être assurées, n’avaient plus besoin que d’être embelli par les arts et les sciences, et il ordonna à monsieur Colbert de travailler à leur avancement »[1]

Colbert, sous l’impulsion de Louis XIV, fonde la première Académie des sciences en 1666 sur le modèle des acadmies qui se constituent à la même époque comme la Royal Society à Londres.

ART DES JARDINS ET SCIENCES

Le contexte culturel s’enrichit donc du discours scientifique. Concevoir un jardin tel que Versailles, c’est ordonner le paysage en trois dimensions.  C’est maîtriser la perspective. C’est aussi modeler l’horizon pour le plaisir de l’œil.

LA PERSPECTIVE

La perspective est l’art de représenter sur une surface plane une réalité qui est en trois dimensions… En savoir plus avec l’Atelier La Salamandre

C’est à la Renaissance avec des artistes comme Brunelleschi (1377-1446) ou Pierro della Francesca (1415-1492) que la perspective s’impose comme technique de dessin.

PierroDellaFrancescaCiteIdeale1475

EFFETS D’OPTIQUE ET PERSPECTIVES A VERSAILLES

 Au XVIIe siècle, de nombreuses techniques fondées sur l’optique géométrique d’Euclide sont exploitées dans l’aménagement des jardins. Distances et altitudes sont mises en rapport de manière à réaliser des cadrages visuels.

De plus, les théoriciens du jardinage prônent l’allongement des formes afin d’en compenser le raccourci visuel : pour voir un carré il faut réaliser un rectangle. On s’inspire pour cela des  manuels consacrés aux anamorphoses qui paraissent en France dans les années 1630-40. On y trouve des schémas de distension des formes proportionnelle à leur éloignement.

Par ailleurs, ils préconisent l’établissement de terrasses afin de mieux distinguer les motifs des parterres.

Les corrections d’optiques appliquées à Versailles

L’axe de composition du Grand Canal mesure 3km pour une faible différence de niveau (30m). Il en résulte une vision rasante et un raccourci optique excessif. Pour équilibrer le paysage qui s’offre à l’œil, Le Nôtre invente des dispositifs optiques particuliers.

010 VersaillesParc17e

Pour que les parties lointaines ne semblent pas trop petites, il utilise donc l’anamorphose qui consiste à augmenter les dimensions des parties les plus éloignées afin qu’elles ne paraissent pas ridiculement petites. Le Nôtre définit deux « secteurs angulaires » dans lequel il va inscrire le dessin des bassins et les bords du Grand Canal.

002 20140619_163641

Le premier secteur angulaire (en rouge) permet de régler la longueur des bassins aux extrémités et aux intersections du Grand Canal :

003 20140619_163928

Le second secteur angulaire permet d’ajuster à l’envergure du bassin d’Apollon la largeur d’ensemble des bassins.

004 20140619_164015

 Afin d’aménager la découverte visuelle de la perspective ainsi créée et de tirer parti du faible dénivelé (30m) du terrain, Le Nôtre conçoit une suite de points remarquables ou collimations qui coordonnent distance et niveau.

Point n°1 (haut des escaliers de la terrasse)

005 20140619_164139

Point n°2 (bas de l’escalier de la terrasse)

006 20140619_164222

Point n°3 (entre les deux bassins du parterre d’eau)

007 20140619_164251

Point n°4 (angle des bassins du parterre d’eau) : on découvre le bassin d’Apollon

008 20140619_164329

Point n°5 (en haut du degré) : bassin de Latone, tapis vert, GC (la perspective totale)

009 20140619_164346

 

grand-canal

UNE PERSPECTIVE HISTORIQUE

A l’extrémité du Grand Canal, Le Nôtre a conçu un espace circulaire d’où partent des allées rayonnantes : l’étoile royale (en savoir plus sur la restauration)

013 Etoile-Royale2

Cette espace est de même forme et quasiment de même diamètre que l’actuelle place de l’étoile à Paris.

014 Paris-Place-de-lEtoile-by-French-Moments1

Pierre-André Lablaude, architecte en chef du domaine de Versailles chargé du parc, a découvert les similitudes entre les deux espaces et a cherché, avec son équipe, à en savoir plus.

LA CRÉATION DES CHAMPS-ELYSÉES

En 1616, les Champs Élysées ne sont encore que des terrains marécageux. Marie de Médicis décide d’y faire aménager une longue allée bordée d’arbres : le « cours de la Reine ».

Le paysagiste André Le Nôtre, qui est aussi jardinier du roi pour le jardin des Tuileries, poursuit son aménagement en 1670 selon le souhait de Louis XIV. Elle était alors appelée « Grand cours » et ne prendra le nom de Champs-Elysées qu’en 1709. Cette allée s’arrêtait alors au rond-point actuel, avant le grand égout, qui évacuait les eaux sales dans la Seine.

Elle est prolongée jusqu’à l’Etoile de Chaillot, actuelle place de l’Etoile, en 1724.

André Le Nôtre conçoit, pratiquement au même moment (les années 1670) pour les futures Champs Elysées, une perspective quasiment identique à celle du GC :

Même orientation est-ouest :

016 20140619_222225

Même organisation d’ensemble :

017 20140619_162818

Une découverte troublante qui détermine deux des plus belles perspectives historiques d’Ile de France :

015 20140619_162702

La perspective des Champs Elysées sera complétée au 20e siècle par la construction de l’arche de la Défense (perspective Mitterrand) qui détermine le grand axe historique parisien.

550px-Paris_Axe_Historique

Sources bibliographiques

Dispositif optique du GPV : https://www.youtube.com/watch?v=-RnjYn-pWWU

Une perspective historique : https://www.youtube.com/watch?v=15NiTYKrqDE

Site Le Nôtre : http://www.lenotre.culture.gouv.fr/index.html

Sur Le Nôtre (extrait de la Ciothèque) : http://clio-cr.clionautes.org/andre-le-notre.html#.U60f9vl_svY

Le Grand Parc : http://laurentour78.canalblog.com/archives/2012/08/15/24898306.html

Académie des sciences : http://www.academie-sciences.fr/academie/histoire.htm

Chantal Grell, Histoire intellectuelle et culturelle de la France du Grand Siècle (1645-1715), Paris, 2000, Edtions Nathan Université

[1] Fontenelle, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences, Histoire de l’Académie des sciences (1733)

Suivre Molière avec calisto-235

Une journée « Molière » pour une classe de collégiens de Levallois-Perret ce vendredi 13 juin 2014. Une occasion de découvrir les lieux parisiens qui témoignent de la vie et de la carrière de Jean-Baptiste Poquelin.

De l’église Saint Eustache, à la Fontaine Molière, rue de Richelieu, une promenade sur la rive droite à la poursuite des ombres de l’Illustre théâtre.

Moliere

Revoir « Les précieuses ridicules » dans une production de la Comédie française (1997)

 

Découvrir les « Folies » du parc de Bagatelle : samedi 10 mai, 14h00

Samedi 10 mai, prévisions de Météociel à 14:00 :  18 °C / 55 % d’humidité  Peu nuageux

Temps idéal pour découvrir avec calisto-235 les « folies » du parc de Bagatelle !

« Vous serez charmés par le doux murmure de l’eau, qui accompagne vos pas, dans la partie paysagère du parc de Bagatelle. Le décor est si parfaitement romantique, qu’il en devient presque irréel. Petits ponts, rochers, grottes, miroirs d’eau et cascades artificielles sillonnent sous le couvert boisé d’arbres gigantesques. Vous découvrirez une pagode de style chinois datant du 19ème siècle. Le parc de Bagatelle est ponctué de petits jardins regroupant les fleurs par espèces : le jardin des iris, le jardin des plantes vivaces, le jardin des Présentateurs, où ont lieu des expositions horticoles. Il abrite également un potager et une jolie collection de clématites.
Ne soyez pas étonné d’y croiser ça et là des paons se pavanant sans être le moins du monde gênés par votre présence. Ils aiment être admirés et choisissent de préférence les espaces dégagés, à la forêt de chênes ou au sous-bois de fougères. Face à l’orangerie, un magnifique parterre fleuri aux couleurs chatoyantes, préparent vos yeux à l’éclat incomparable des rosiers de Bagatelle (1 200 variétés). »

Source : http://equipement.paris.fr/parc-de-bagatelle-1808

Renseignement calisto-235 : 09.72.97.47.04

paon-parc-bagatelle

Restez informé, lisez LA LETTRE !

Lettre d’information mai 2014

RevueMai2014

http://fr.calameo.com/read/000684010658fa0b3799c

 

Restez informé, lisez LA LETTRE ! avril 2014

Lettre d’information avril 2014

RevueAvril2014