Sortie « nature et patrimoine » à Versailles (allée des Mortemets) : la statue équestre de Louis XIV par Le Bernin, contexte et tribulations

Il semble que le lieu dit des « Mortemets » aiet été acquis par Louis XIII entre 1624 et 1632 :

[…]la terre de Versailles, comprenait de plus, 68 arpents de terres labourables, prés, bois taillis, avec maisons, jardins, mare et fontaine au lieu de Mortemer(1)[…]

(1) Le lieu dit Mortemets est situé au Sud-Ouest de la pièce d’eau des Suisses, une allée du parc menant de cette pièce d’eau au bassin de Choisy porte le nom de Mortemets, ce qui est très probablement le même nom que Mortemer, mais un peu altéré.

Extrait de Versailles aux temps féodaux : recherches historiques et généalogiques sur la seigneurie, les seigneurs et l’ancien domaine de Versailles / par Adrien Maquet,… ; préface de M. le comte de Dion,…

Auteur : Maquet, Adrien (1834-1897) / Éditeur : E. Lechevalier (Paris) / Date d’édition : 1889

  • Une restauration ambitieuse

Située entre la Pièce d’Eau des Suisses et l’Étoile de Choisy, au sud du parc de Versailles, l’allée des Mortemets est un axe historique a été imaginé par André Lenôtre. Elle présente une belle replantation de 582 arbres sur un quadruple alignement sur une longueur de 3,5 km. Cet axe a été entièrement restauré par la communauté d’agglomération de Versailles Grand Parc avec le soutien du château de Versailles et du Ministère de la Défense et ouvert au public en juin 2013.

Cette « restauration s’inscrit dans un vaste plan de circulations douces et de loisirs (pour voir la carte de « La dorsale » et des chemins verts, cliquer ICI)lancé en 2011 par la communauté d’agglomération. A terme, il offrira un réseau de pistes cyclables reliant le territoire d’est en ouest, de la vallée de la Bièvre à la plaine de Versailles et permettra de découvrir une succession de points de vue et de panoramas.
La restauration de ce patrimoine historique a été conduite par Pierre-André Lablaude architecte en chef des monuments historiques, en charge du parc de Versailles. La Région Île-de-France, la ville de Versailles, le Conseil général des Yvelines et l’Agence des espaces verts de la Région Île-de-France ont participé au financement avec le soutien de la marque Yves Rocher et de sa Fondation Yves Rocher Institut de France. » (extrait du site Versailles Grand Parc / en savoir plus)

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Notre groupe sur l’allée des Mortemets entre l’allée des Matelots et la pièce d’eau des Suisse (crédits photo calisto-235)

  • La pièce d’eau des Suisses

La pièce d’eau des Suisses offre une belle perspective vers l’Orangerie du château de Versailles dont les « Cent marches » épousent la déclivité du paysage pour venir mourir vers cette ancienne plaine marécageuse devenu un espace de promenade exceptionnel. Ce bassin de 13 hectares, profond d’environ 1m70, fut creusé dès 1665. Il fallut plusieurs étapes pour terminer le bassin tel qu’on peut le voir actuellement. D’abord de forme octogonale, il fut agrandi vers 1678 par les Gardes suisses au service de Louis XIV. Un dernier agrandissement en 1682 la dota de ses extrémités arrondies. Les déblais ont servi en partie à remblayer l’« étang puant » sur lequel fut aménagé le potager du roi.

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Notre groupe au bord de la Pièce d’eau des Suisses (crédits photo : calisto-235)

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Les artistes en herbe préfère le dessin au smartphone…! croquis d’Aloïse (CE2)

  • La statue du Bernin

A l’extrémité de la pièce d’eau, se dresse une statue équestre représentant le général romain Marcus Curtius sauvant Rome des flammes.

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crédits photgraphiques Catherine Renée Lebouleux

Cette statue est en réalité le résultat des tribulations de la livraison d’une oeuvre du sculpteur italien Bernini (Naples, 7 décembre 1598 – Rome, 28 novembre 1680) d’un monument à la gloire de Louis XIV qui aurait du prendre place entre les Louvres et Les Tuileries.

A la mort du Bernin en 1680, ses héritiers découvrent cette sculpture monumentale, commandée dans les années 1665 pendant le séjour du Bernin à Paris, séjour pendant lequel il travailla au buste de Louis XIV.

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Château de Versailles, salon de Diane, buste de Louis XIV, Bernin (1665) CC BY-SA 3.0

Le Bernin effectua un dessin préparatoire représentant Louis XIV sous les traits d’Hercule grimpant sur la montagne de vertu, puis en réalisa une terre cuite en 1670 que les élèves de l’Académie de France à Rome réaliseront.

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Après la guerre contre la Hollande (1672-1678) transforma les rochers sous le ventre du cheval et représenta à la place les étendards  pris à l’ennemi.

Cette statue éminemment baroque prenait pour modèle celle de l’empereur Constantin stupéfait de l’apparition de la Croix du Christ, réalisé par le sculpteur pour le Vatican et que l’on peut toujours y admirer (La tradition chrétienne fait état d’une apparition de la Croix dans le ciel vue par l’empereur et son armée, ainsi que d’un songe prémonitoire qui aurait annoncé à Constantin sa victoire contre Maxence au pont Milvius en 3013).

Elle reprenait la position de levade avec dans la main droite du cavalier le bâton de commandement. Alors que Constantin regarde vers le haut, Louis XIV regarde vers le bas : il domine le monde.

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La taille commença en 1671 et ne sera terminée qu’en 1673. Colbert, prudent, demande à voir des esquisses détaillées avant de commander un bloc de marbre pour le piédestal.

En 1680, à la mort du Berninn ses héritiers livrent donc la statue. En 1683 survient la mort de Colbert et la statue n’est acheminée en France qu’en 1684. Louis XIV n’est plus le fougueux et jeune roi de 1665, il a 47 ans et cette allégorie pleine d’allant et d’allégresse lui déplait alors qu’il souffre de la goutte et de nombreuses infirmités. Alors que le créateur (Bernini) et le commanditaire (Colbert) sont morts, que l’école de sculpture versaillaise domine en France avec son orientation classique, ordre est donné à Girardon de transformer la statue pour que les traits du roi ne puissent y apparaître. Un casque  est rajouté cependant qu’est gardé le drapé baroque exécuté par l’atelier du Bernin d’après les indications du maître.

  • Deux copies pour un original

En 1980, la statue est vandalisé et doit être restaurée. Deux copies en sont réalisées : une plécée à l’extrémité de la pièce d’eau des suisses, l’autre devant la pyramide du Louvre à Paris, commémorant ainsi l’emplacement pour lequel avait été conçu cette statue équestre.

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Original dans l’Orangerie du château de Versailles

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copie parisienne au Louvre

  • Conclusion : la commande de 1685

Pendant qu’on oubliait la commande du Bernin, les agents du pouvoir central reçurent  en 1685 instruction de suggérer aux principaux magistrats municipaux et membres de sétats provinciaux de lancer des projets de statues équestres (1685, année de la révocation de l’édit de Nantes, une année pivot dans le règne de Louis XIV). Il s’agit bien d’une campagne orchestrée de propagande politique. En effet, ce ne sont pas des artistes locaux qui seront sollicités mais bien des artistes du roi. Le maître d’oeuvre de l’entreprise n’étant autre que Jules Hardouin-Mansart. Toutes les statues auraont un air de parenté avec pour référence la statue de Marc-Aurèle dont le cheval allant au pas, traduit l’autorité suprême et tranquille.

Peu de projets iront jusqu’à leur terme. Ceux réalisés seront fondus pendant la Révolution française afin de récupérer le bronze pour la production des canons. Seule la statue de Girardon, prévue pour trôner place Louis Le Grand à Paris (actuelle place Vendôme) est connue grâce à une des nombreuses réductions dont la plus belle se trouve actuellement au musée du Louvre.

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Sortie « NATURE-PATRIMOINE » à Versailles

calisto-235 propose son prochain rendez-vous sur une thématique croisée NATURE et PATRIMOINE.

  • Date : Samedi 27 septembre 2014
  • Heure : 14h00
  • Durée : 1h30
  • La visite : Le Grand Parc et les restaurations des anciennes allées – Petite histoire et tribulations d’une statue baroque sous Louis XIV – Des Gardes suisses pour remblayer « l’étang puant ».

Rendez-vous  (lieu, horaire) :

  • Saint Rémy lès Chevreuse : Gare RER, 13h00
  • Versailles : croisement de l’allée des Matelots et de l’allée des Mortemets (voir le plan ci-dessous), 13h45

Tarif (hors abonnement) : 10€ (adhérent adulte), 5€ (adhérent junior) / +5€ pour les non-adhérents adulte ou junior

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En savoir plus

SUGGESTION DE CALISTO-235 : Vous êtes accro du VTT en famille ? Profitez de cette sortie ! Après la pause « goûter », continuez l’Allée de Mortemets jusqu’à Saint Cyr et retour par le Grand Canal.

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VERSAILLES : PERSPECTIVES ET ANAMORPHOSES

En arrivant à Versailles, en admirant dans le parc parterres et sculptures, l’oeil se voit nourri d’une profusion de richesses naturelles et artistiques. Pour une fois, nous avons cherché une autre entrée que celle de l’art statuaire, de la mythologie et des symboles. Nous avons fouillé en considérant Versailles dans un contexte culturel élargi.

LE 17E SIECLE ET LES SCIENCES

Du point de vue scientifique l’astronomie qui sort de la révolution copernicienne, (1543, parution du principal traité de Copernic) suivie des travaux de Kepler, qui effectua un travail considérable sur l’observation des planètes du système solaire, est la cause des profonds changements du 17e siècle.

CREATION DE L’ACADEMIE ROYALE DES SCIENCES (1666)

« […] après que la Paix des Pyrénées (1659) eût été conclue, le roi jugea que pon royaume, fortifié par les conquêtes qui venaient de lui être assurées, n’avaient plus besoin que d’être embelli par les arts et les sciences, et il ordonna à monsieur Colbert de travailler à leur avancement »[1]

Colbert, sous l’impulsion de Louis XIV, fonde la première Académie des sciences en 1666 sur le modèle des acadmies qui se constituent à la même époque comme la Royal Society à Londres.

ART DES JARDINS ET SCIENCES

Le contexte culturel s’enrichit donc du discours scientifique. Concevoir un jardin tel que Versailles, c’est ordonner le paysage en trois dimensions.  C’est maîtriser la perspective. C’est aussi modeler l’horizon pour le plaisir de l’œil.

LA PERSPECTIVE

La perspective est l’art de représenter sur une surface plane une réalité qui est en trois dimensions… En savoir plus avec l’Atelier La Salamandre

C’est à la Renaissance avec des artistes comme Brunelleschi (1377-1446) ou Pierro della Francesca (1415-1492) que la perspective s’impose comme technique de dessin.

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EFFETS D’OPTIQUE ET PERSPECTIVES A VERSAILLES

 Au XVIIe siècle, de nombreuses techniques fondées sur l’optique géométrique d’Euclide sont exploitées dans l’aménagement des jardins. Distances et altitudes sont mises en rapport de manière à réaliser des cadrages visuels.

De plus, les théoriciens du jardinage prônent l’allongement des formes afin d’en compenser le raccourci visuel : pour voir un carré il faut réaliser un rectangle. On s’inspire pour cela des  manuels consacrés aux anamorphoses qui paraissent en France dans les années 1630-40. On y trouve des schémas de distension des formes proportionnelle à leur éloignement.

Par ailleurs, ils préconisent l’établissement de terrasses afin de mieux distinguer les motifs des parterres.

Les corrections d’optiques appliquées à Versailles

L’axe de composition du Grand Canal mesure 3km pour une faible différence de niveau (30m). Il en résulte une vision rasante et un raccourci optique excessif. Pour équilibrer le paysage qui s’offre à l’œil, Le Nôtre invente des dispositifs optiques particuliers.

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Pour que les parties lointaines ne semblent pas trop petites, il utilise donc l’anamorphose qui consiste à augmenter les dimensions des parties les plus éloignées afin qu’elles ne paraissent pas ridiculement petites. Le Nôtre définit deux « secteurs angulaires » dans lequel il va inscrire le dessin des bassins et les bords du Grand Canal.

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Le premier secteur angulaire (en rouge) permet de régler la longueur des bassins aux extrémités et aux intersections du Grand Canal :

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Le second secteur angulaire permet d’ajuster à l’envergure du bassin d’Apollon la largeur d’ensemble des bassins.

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 Afin d’aménager la découverte visuelle de la perspective ainsi créée et de tirer parti du faible dénivelé (30m) du terrain, Le Nôtre conçoit une suite de points remarquables ou collimations qui coordonnent distance et niveau.

Point n°1 (haut des escaliers de la terrasse)

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Point n°2 (bas de l’escalier de la terrasse)

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Point n°3 (entre les deux bassins du parterre d’eau)

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Point n°4 (angle des bassins du parterre d’eau) : on découvre le bassin d’Apollon

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Point n°5 (en haut du degré) : bassin de Latone, tapis vert, GC (la perspective totale)

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UNE PERSPECTIVE HISTORIQUE

A l’extrémité du Grand Canal, Le Nôtre a conçu un espace circulaire d’où partent des allées rayonnantes : l’étoile royale (en savoir plus sur la restauration)

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Cette espace est de même forme et quasiment de même diamètre que l’actuelle place de l’étoile à Paris.

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Pierre-André Lablaude, architecte en chef du domaine de Versailles chargé du parc, a découvert les similitudes entre les deux espaces et a cherché, avec son équipe, à en savoir plus.

LA CRÉATION DES CHAMPS-ELYSÉES

En 1616, les Champs Élysées ne sont encore que des terrains marécageux. Marie de Médicis décide d’y faire aménager une longue allée bordée d’arbres : le « cours de la Reine ».

Le paysagiste André Le Nôtre, qui est aussi jardinier du roi pour le jardin des Tuileries, poursuit son aménagement en 1670 selon le souhait de Louis XIV. Elle était alors appelée « Grand cours » et ne prendra le nom de Champs-Elysées qu’en 1709. Cette allée s’arrêtait alors au rond-point actuel, avant le grand égout, qui évacuait les eaux sales dans la Seine.

Elle est prolongée jusqu’à l’Etoile de Chaillot, actuelle place de l’Etoile, en 1724.

André Le Nôtre conçoit, pratiquement au même moment (les années 1670) pour les futures Champs Elysées, une perspective quasiment identique à celle du GC :

Même orientation est-ouest :

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Même organisation d’ensemble :

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Une découverte troublante qui détermine deux des plus belles perspectives historiques d’Ile de France :

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La perspective des Champs Elysées sera complétée au 20e siècle par la construction de l’arche de la Défense (perspective Mitterrand) qui détermine le grand axe historique parisien.

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Sources bibliographiques

Dispositif optique du GPV : https://www.youtube.com/watch?v=-RnjYn-pWWU

Une perspective historique : https://www.youtube.com/watch?v=15NiTYKrqDE

Site Le Nôtre : http://www.lenotre.culture.gouv.fr/index.html

Sur Le Nôtre (extrait de la Ciothèque) : http://clio-cr.clionautes.org/andre-le-notre.html#.U60f9vl_svY

Le Grand Parc : http://laurentour78.canalblog.com/archives/2012/08/15/24898306.html

Académie des sciences : http://www.academie-sciences.fr/academie/histoire.htm

Chantal Grell, Histoire intellectuelle et culturelle de la France du Grand Siècle (1645-1715), Paris, 2000, Edtions Nathan Université

[1] Fontenelle, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences, Histoire de l’Académie des sciences (1733)

Versailles : représenter Louis XIV

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LOUIS XIV ET VERSAILLES

Le petit Parc

A la mort de Mazarin (1661), Louis XIV est un jeune roi de 23 ans. Il veut exercer seul son métier de roi.

QUI A CONÇU LE PARC ?

Le roi de France doit avoir un château digne de son état et de sa fonction. Colbert, principal conseiller du Roi (il sera contrôleur général des finances dès 1665), voudrait que le roi aménage le Louvre, résidence des rois de France à Paris.

Mais Louis XIV a de très mauvais souvenir de La Fronde et se méfie des parisiens. Et Louis XIV veut un château à lui, conçu par et pour lui. Il décide de faire de Versailles, où Louis XIII, son père avait fait édifier un petit château servant de relais de chasse, sa résidence principale.

Louis XIV et la cour vivront dans un perpétuel chantier.

Avant la transformation du château, les jardins reçoivent toute l’attention du jeune monarque : il est le plus grand roi du monde, il est jeune, il est amoureux de Mademoiselle de La Vallière, malgré son récent mariage avec l’infante d’Espagne Marie-Thérèse.

QUE FAIT LE ROI A VERSAILLES?

1/ Le roi se divertit : Les fêtes à Versailles  – Triomphe de la figure solaire de Louis XIV

Après la victoire du roi sur la Fronde, le très jeune roi de 15 ans danse, en février 1653, dans le Ballet royal de la nuit. Il apparaît dans le rôle d’Apollon.

Le thème du disque solaire, associé à Apollon, va marquer toute les fêtes organisées à Versailles et va servir d’emblème à celui qu’on nomme le « roi soleil ».

Lorsque l’on regarde la façade du château qui donne sur le Parterre d’eau, un balcon, marquant le centre de la galerie des glaces supporte 6 colonnes. Au-dessus de chaque colonne, figure une statue. Les deux statues centrales figurent Apollon et Diane, les jumeaux nés de Léto (Latone) et Jupiter.

Ce tableau de Poussin représente Apollon :

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On le reconnaît à sa couronne de laurier et sa lyre.

Cette statue de Gustave Moreau représente Diane, la jumelle d’Apollon :

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Elle arbore un croissant de lune sur sa chevelure et porte un carquois et des flèches.

Partout dans le parc et le château, on trouve représenté le « disque solaire » qui est l’emblème de Louis XIV.

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On voit ici le disque solaire derrière lequel s’entrecroisent le sceptre et la main de justice, deux insignes de la royauté que porte le roi lors de son sacre

En se tournant vers le Parterre d’eau on peut observer une très belle vue vers le grand canal.

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Trois éléments constituent le décor des jardins :

  • L’eau : sous forme de bassins et de fontaines
  • Les sculptures (vases et statues) : en marbre ou en bronze
  • La végétation : parterres à la française avec buis taillés et fleurs, ifs taillés en topiaire, charmilles (autour des bosquets), arbres, le tout formant un décor étagé et encadrant la perspective.

Les jardins descendent en pente douce vers le grand canal et sont constitués par :

  • Un jardin haut avec les parterres à la française
  • Un jardin bas distribué autour du tapis vert, coupé à angles droit d’allées délimitant les différents bosquets

L’ensemble des jardins s’ordonne selon un plan architectural rigoureux et géométrique et autour de deux grands axes :

  • Un axe nord-sud : depuis le bassin de Neptune jusqu’à la pièce d’eau des Suisses
  • Un axe est-ouest : depuis la façade de la Galerie des Glaces jusqu’à l’extrémité du Grand Canal.

C’est dans ce jardin que le jeune Louis XIV va fêter les grandes étapes de son tout premier règne :

  • Du 7 au 13 mai 1664

C’est la première des grandes fêtes données à Versailles par Louis XIV. Molière et de Lully y participent. La fête est dédiée en réalité à Melle de La Vallière, maîtresse du Roi et est intitulée « Les Plaisirs de l’île enchantée ». Le roi y participe et teint le rôle du Chevalier Roger.

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Louis XIV en chevalier Roger

  • En juillet 1668

Le Grand Divertissement royal célèbre la gloire du Roi après la paix d’Aix-la-Chapelle. C’est la plus somptueuse fête de toutes celles organisées par Louis XIV, jeune roi victorieux.chateau-de-versailles-spectacles-carrousel-2

Carrousel

  • En 1674

Cinq jours de festivités célèbrent durant les mois de juillet et août la conquête glorieuse de la Franche-Comté, province rattachée désormais par Louis XIV à la France.

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Alceste, tragédie en musique de Jean-Baptiste Lully, livret Philippe Quinault, Versailles, cour de marbre, 1674

Louis XIV qui a été un excellent danseur, décide d’arrêter de pratiquer cet art. S’il ne danse plus, ses courtisans ne danseront plus non plus. Il fonde alors l’Académie royale de danse en 1669, ancêtre de notre actuelle troupe de l’Opéra de Paris. Les danseurs des fêtes versaillaises seront désormais des professionnels.

 

2/ Le roi règne et rassemble la cour autour de lui (installation en 1682 – 44 ans)

A partir de 1678, le roi victorieux à Nimègue décide de préparer Versailles pour accueillir la cour et le gouvernement et en faire le centre du royaume.

Louis XIV vient d’avoir 40 ans. Il entreprend des modifications à Versailles. Il fait construire la « salle de bal » et apporte des aménagements dans la décoration du château : plus question de représenter le roi sous les traits d’Apollon ! Il faut raconter l’histoire du roi et le représenter sous ses propres traits : c’est toute l’histoire racontée sur le plafond de la Galerie des Glaces.

La salle de bal 

Aménagée par Le Nôtre entre 1680 et 1683, la salle du Bal s’appelle aussi bosquet des Rocailles, en raison des pierres de meulière et des coquillages rapportés des côtes africaines et malgaches sur lesquels l’eau ruisselle en cascade. Au centre, une « île » en marbre, aisément accessible, servait à la danse, art dans lequel s’illustrait Louis XIV. Les musiciens se tenaient au-dessus de la cascade et, en face, un amphithéâtre aux gradins recouverts de gazon permettait aux spectateurs de s’asseoir.

Le « Bosquet de la Salle de Bal » (ou « Bosquet des Rocailles ») est certainement le plus connu. Des gradins de verdure rappelant les déclinaisons des 100 marches encerclent une piste de danse. Des pierres meulières d’Île-de-France attachées sur les parois de ces gradins servent de cascades, accompagnant ainsi la musique par la mélodie de l’eau. Ce bosquet est décoré par des incrustations de coquillages et de lapis-lazuli en provenance de Madagascar. Après la mort de Le Nôtre, son successeur, Jules Hardouin-Mansart, remplace la piste de danse par une petite île. Le roi âgé de près de 70 ans ne peut cependant plus danser.

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Le bosquet de la salle de bal au 17e siècle

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Le bosquet de la salle de bal aujourd’hui

La construction de l’aile nord du château entraîne la destruction de la grotte et du groupe d’Apollon. La décoration du plafond de la galerie des Glaces constitue un véritable changement dans la représentation du roi. En effet, pour célébrer la fin de la guerre de Hollande (1672-1678) et les victoires de Louis XIV, « Sa Majesté résolut que son histoire sur les conquêtes devait être représentée ».

 

3/ Se promener : « Manière de montrer les jardins de Versailles »

Louis XIV a toujours aimé se promener dans ses jardins de Versailles. Il aime tout particulièrement le montrer aux visiteurs de marque qui viennent rencontrer le roi à Versailles.

Il fait rédiger à plusieurs reprise une « Manière de montrer les jardins de Versailles ». Il existe six versions de ce manuscrit entre 1689 et 1705 (le roi a alors 67 ans).Le quatrième de ces manuscrits est écrit de la main même du roi. Le roi modifie l’itinéraire. En effet, il se déplace difficilement car il souffre de « goutte » due à une nourriture très abondante (Louis XIV a un très gros appétit) et il se promène dans le parc grâce à une petite voiture à roulettes. Ne pouvant plus descendre les degrés du Parterre d’eau pour aller jusqu’au bassin de Latone, il emprunte alors les rampe en forme de fer à cheval qui partent des fontaines des « Combats des animaux ».

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Louis XIV entouré de ses courtisans

Pendant toute cette période, le roi commande de nombreuses copies de statues antiques à l’Ecole française de Rome. Versailles devient un gigantesque musée en plein air.

L’accumulation des commandes finit par donner une grande hétérogénéité à l’ensemble des statues du parc.

EN SAVOIR PLUS

L’étendue du domaine de Versailles au fil du règne de Louis XIV

Le système hydraulique de Versailles

Le bassin de Latone, remanié par Jules Hardouin Mansart

Restauration du bassin de Latone 

Souder les canalisations 

Qui s’occupe actuellement des jardins 

 

Sources bibliographiques :

  • Philippe Beaussant, Louis XIV artiste, Payot, Paris, 1999
  • Louis XIV, Manière de montrer les Jardins de Versailles, RMN, Paris, 1982
  • Gérard SABATIER, VERSAILLES OU LA FIGURE DU ROI, Albin Michel, 1999, 701 p.
  • Guide iconographique, Héros et dieux de l’antiquité, Flammarion, Paris, 1994
  • Site du château de Versailles : http://www.chateauversailles.fr/
  • La bibliothèque de musique du roi à Versailles : http://www.bibliotheques.versailles.fr/

 

 

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SORTEZ, VISITEZ, DECOUVREZ AVEC CALISTO-235 : MYTHOLOGIE A VERSAILLES

Retrouvez Nicole GIRAUD et sa boîte à histoire, à Versailles (petit Trianon), samedi 28 septembre 2013, 14h00 !

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Retour en images sur les Journées européennes du patrimoine : le théâtre Montansier, Versailles

2013-09-14 10.08.09samedi 14 septembre, calisto-235 a visité pour vous le théâtre Montansier de Versailles. Lesamedi, une visite conférence nous a menés des dessous ou troisième niveau, en passant par les coulisses, les loges, la salle. Une visite fascinante qui fut complétée le lendemain par une conférence sur l’histoire de ce théâtre dont la décoration bleu, blanc, or est rarissime. Pierre-Hippolyte Pénet, récemment diplômé de l’Ecole du Louvre, a su nous captiver et nous entraîner dans le sillage de mademoiselle de Montansier, née Marguerite Brunet, personnage haut en couleur, douée pour les affaires et figure illustre de l’histoire du théâtre.

Voir le reportage photographique (copyright Catherine Renée Lebouleux)

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site du théâtre Montansier